Liens entre religion, émancipation et stérilisation. Le cas de Bahianaises noires qui pratiquent le Candomblé

Cet article est le condensé d’une thèse portant sur le lien entre religion, émancipation et stérilisation, à partir du cas de Bahianaises noires qui pratiquent le Candomblé. Sont ici présentés la méthode utilisée pour cette étude de terrain, le bilan des participantes, les questions posées et les réponses obtenues, les typologies déterminées grâce aux opinions recueillies et les conclusions sur l’émancipation et la stérilisation. Le but de cet article est de questionner les limites des perceptions portant sur le Candomblé − une religion afro-brésilienne considérée comme féministe par les intellectuels qui s’y intéressent depuis les années quarante − ainsi que de questionner les limites des opinions principales concernant les dominations liées à la légalisation de la stérilisation au Brésil.

La méthode de Rubens aux prises avec le statut herméneutique de la foi mixte

Si le contexte des croyants et leurs questions concernant la foi chrétienne ont radicalement changé face à la croyance animiste, à cette époque postmoderne voire postchrétienne au point de penser une foi mixte, une méthode théologique qui honore la relation et le discernement de la foi chrétienne entre la « situation » changeante et l’interprétation symbolique du message chrétien, reste un lieu important à explorer. Pedro Rubens devient alors un consultant incontournable pour nous, lorsqu’il s’agit d’une méthode confrontée à un contexte d’ambiguïté religieuse. L’article explicite d’abord le point de départ de la réflexion et son importance pour la méthode théologique, ensuite, il engage un dialogue avec Rubens pour indiquer les raisons fondamentales de notre recours à sa méthode, et les démarches d’une méthode théologique aux prises avec les situations contextuelles de la foi christiano-animiste.

Le don altruiste et la laïcité. Le cas du Dr Wilfred Thomason Grenfell (1865-1940)

Originaire de la Grande-Bretagne, le Dr Grenfell instaura, dès le tournant du 20e siècle, des services essentiels non-confessionnels chez les pêcheurs du nord-ouest Atlantique. En parcourant l’histoire britannique, ainsi que celle des principes de l’équité, de la dignité et de la liberté de conscience, ma thèse s’appliquera à démontrer le cheminement du don altruiste jusqu’à l’octroi des services essentiels «laïcs» en l’associant aux théories sur le don.

Le pacifisme chrétien de Tolstoï*

Si les écrits littéraires de Léon Tolstoï sont largement reconnus et célébrés, ses essais ultérieurs font moins souvent l’objet d’attention Il s’agit en majorité de textes religieux, écrits à la suite d’une crise existentielle et spirituelle ayant abouti à la conversion de Tolstoï au christianisme. Loin d’être pour autant un simple retour à l’orthodoxie chrétienne, cette conversion amène l’écrivain à développer une philosophie riche et complexe, qu’on peut qualifier de pacifisme radical et qui est, à certains égards, une forme d’anarchisme. En plus de condamner sévèrement les institutions étatiques et religieuses, l’interprétation qu’offre Tolstoï du christianisme l’amène à rejeter la thèse de la résurrection de Jésus, celle de la Trinité, et à vrai dire, la plupart des dogmes de l’Église, ce qui lui vaudra d’être excommunié par l’Église orthodoxe de Russie avant sa mort. La pierre angulaire du tolstoïsme est la doctrine de non-résistance au mal par la force, fondée sur une lecture de l’Évangile. Tolstoï présente cette thèse en 1884 dans son texte Quelle est ma foi, une autobiographie spirituelle et intellectuelle, et continue de la développer dans Le Royaume des Cieux est en vous au début des années 1890. Ainsi, Tolstoï bâtit un édifice pacifiste sur des fondations chrétiennes. Nous proposons d’explorer les articulations théologiques et philosophiques de cette doctrine de la non-résistance telle qu’exposée dans ces deux titres. D’abord, nous verrons en quoi le pacifisme de Tolstoï est une théologie chrétienne. Ensuite, nous verrons dans quelle conception de la vie humaine elle s’inscrit. Enfin, nous verrons comment l’application de la non-résistance doit permettre l’avènement du « Royaume de Dieu », tel que compris par l’écrivain.

Le viol comme arme de guerre en République démocratique du Congo. Défis et fonctions des religions

Ce propos est circonscrit dans un contexte socioculturel africain et s’articule essentiellement autour du viol comme arme de guerre infligée aux femmes et aux filles congolaises durant les conflits armés qui ont sévi depuis plus de deux décennies au Congo. L’angle d’approche est celui des sciences dites des religions. Cette méthode consiste à analyser la place qu’occupent les religions dans la vie quotidienne en République démocratique du Congo (RDC), et leur impact par rapport à la lutte contre le phénomène du viol. Il s’agit également d’étudier les conditions de possibilité pour relever les défis que représente le viol des femmes comme arme de guerre.

Religion et paix. La place de la religion civile

Les médias d’aujourd’hui relatent souvent les facteurs de divisions sociales relatives aux questions religieuses. Que ce soient les demandes d’« accommodements raisonnables », les conflits au Moyen-Orient ou les attentats commis au nom de facteurs religieux, ce qui est souvent mis en exergue est ce qui fractionne la société. Pourtant, la religion fut à plusieurs reprises théorisée comme un élément constitutif du lien social. Les travaux d’Émile Durkheim sur le suicide faisaient d’ailleurs état de l’anomie sociale et de l’érosion du lien social en 1897, question qu’il reprendra lorsqu’il abordera la religion dans son ouvrage de 1912, Les formes élémentaires de la vie religieuse. Cependant, nos sociétés occidentales sécularisées accordent une plus grande importance à la religion dans son rapport à l’identité individuelle qu’à celui à l’identité collective. Comment alors penser le lien en société ? Le concept de religion civile décrit par Rousseau dans le chapitre 8 du Contrat social et Robert N. Bellah en 1967 offre des pistes de solution sur la question du vivre-ensemble et la façon de séculariser le concept de religion afin de favoriser la paix sociale.

L’héritier chez les Mejumba à l’ouest du Cameroun. Entre le sociopolitique et le religieux

En jetant un regard sur nos institutions traditionnelles ouest camerounaises, l’on a, à première vue, l’impression d’une simple contemplation des représentations statiques, muettes et sans mouvements dans le temps et l’espace. Ici, nous nous intéressons à ces représentations dont la dynamique est assurée par un homme investi d’une autorité traditionnelle: l’héritier. Il est l’acteur central du fonctionnement des institutions traditionnelles chez les Mejumba à l’ouest du Cameroun. Il exerce un pouvoir sociopolitique et religieux à travers une structure socio-organisationnelle immuable. Dans un environnement multiculturel, les Mejumba à l’ouest du Cameroun vivent dans une sphère culturelle à modèle figé. À un certain niveau des valeurs traditionnelles, le caractère immuable de certains patrimoines et valeurs culturels est renforcé au jour le jour de peur que tout le système et l’organisation socio traditionnelle entraînent une décadence structurelle et une paralysie sociale. Comment redynamiser une entité traditionnelle si fortement ancrée dans ses valeurs et représentations sociales statiques et conservatrices dans sa structure organisationnelle? Peut-on recentrer le rôle du personnage traditionnel qui l’incarne dans un nouvel ordre de développement qui prend en compte les valeurs cardinales de la mondialisation? Pour appréhender cette réalité, je vais, de manière synthétique, aborder dans une première partie les aspects théoriques et méthodologiques de la recherche avant de présenter et d’analyser, dans une deuxième partie, les résultats issus de cette étude.

L’approche spirituelle du lien entre religions, paix et développement du Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov

Le Maître Omraam Mikhaël Aïvanhov, fondateur de la Fraternité Blanche Universelle en 1947 en France, a apporté un éclairage spirituel sur le lien entre religion, paix et développement en insistant sur la nécessité du développement individuel de la partie divine des êtres, qu’il a appelée individualité, à l’aide des méthodes spirituelles appropriées, simultanément à un mode de vie qui permet de spiritualiser la partie physique, émotive et mentale qu’il a appelée personnalité, à l’aide d’une purification par la nourriture et les boissons, et le tri des sentiments et des pensées qui permet des actes justes. Établissant par ces moyens puissants la paix en lui-même, l’être humain devient capable de vivre conformément à l’harmonie divine et de contribuer à l’établissement de la paix autour de lui, dans la société par l’apprentissage d’une vie fraternelle avec les autres, et par extension dans les nations et le monde entier.

Les racines du radicalisme religieux. Une réalité émergente.

Cet article découlant de communications présentées à l’Institut de théologie et des sciences religieuses de l’Université de Montréal ainsi que du colloque pour jeunes chercheurs du Centre d’études en religieux contemporain de l’Université de Sherbrooke en mai 2018 tente de répondre à une des questions encore brûlantes de l’actualité : quelle est l’origine de la radicalisation des jeunes qui s’enrôlent dans le djihad ou qui commettent des actes de terreur que les médias qualifient à tort ou à raison de terroristes ? L’originalité de notre propos vient de notre perspective nouvelle de tradition existentielle adoptée par les études du religieux contemporain.

Histoire de la revue

Télécharger 1989 — 1997 : Les origines Remontons à une époque où notre association étudiante a une vocation christocentriste. À l’aube des années quatre-vingt-dix, la revue Scriptura naît. Il s’agit d’une publication se penchant exclusivement sur les études bibliques et théologiques : telles sont les tendances populaires de l’époque. Ce premier jet d’une revue conçue exclusivement… Lire la suite... Histoire de la revue