L’héritier chez les Mejumba à l’ouest du Cameroun. Entre le sociopolitique et le religieux

En jetant un regard sur nos institutions traditionnelles ouest camerounaises, l’on a, à première vue, l’impression d’une simple contemplation des représentations statiques, muettes et sans mouvements dans le temps et l’espace. Ici, nous nous intéressons à ces représentations dont la dynamique est assurée par un homme investi d’une autorité traditionnelle: l’héritier. Il est l’acteur central du fonctionnement des institutions traditionnelles chez les Mejumba à l’ouest du Cameroun. Il exerce un pouvoir sociopolitique et religieux à travers une structure socio-organisationnelle immuable. Dans un environnement multiculturel, les Mejumba à l’ouest du Cameroun vivent dans une sphère culturelle à modèle figé. À un certain niveau des valeurs traditionnelles, le caractère immuable de certains patrimoines et valeurs culturels est renforcé au jour le jour de peur que tout le système et l’organisation socio traditionnelle entraînent une décadence structurelle et une paralysie sociale. Comment redynamiser une entité traditionnelle si fortement ancrée dans ses valeurs et représentations sociales statiques et conservatrices dans sa structure organisationnelle? Peut-on recentrer le rôle du personnage traditionnel qui l’incarne dans un nouvel ordre de développement qui prend en compte les valeurs cardinales de la mondialisation? Pour appréhender cette réalité, je vais, de manière synthétique, aborder dans une première partie les aspects théoriques et méthodologiques de la recherche avant de présenter et d’analyser, dans une deuxième partie, les résultats issus de cette étude.